Carte exclusive – Un tiers du parc nucléaire français en panne ou à l’arrêt

À ce jour, 23 octobre 2017, 20 réacteurs sur les 58 du parc nucléaire français sont à l’arrêt. Beaucoup devraient redémarrer, mais leur vieillissement et leur état général sont inquiétants. Reporterre fait le point avec une carte détaillant la situation de chaque centrale.


L’hiver sera rude pour les centrales nucléaires françaises. Parmi eux, au moins 8 ont été mis au repos en raison d’un dysfonctionnement ou d’un problème de sûreté. Sur les autres, beaucoup subissent des maintenances qui visent également à réparer les anomalies qui s’accumulent ces dernières années.

Dernier mal fonctionnement en date, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a dévoilé à la mi-octobre que les pompes de refroidissement de 29 réacteurs nucléaires ont été touchées par une corrosion importante. En cas de séisme ou d’inondation, les conduits pourraient céder. C’est l’une des causes de l’accident de Fukushima. Selon l’ASN, la rénovation des conduits a été engagée immédiatement sur la totalité de réacteurs, mais ces derniers nécessiteront des réparations plus complètes avant d’être totalement sécurisés.

Si les températures hivernales devaient se révéler plus froides que prévues, l’approvisionnement électrique du pays pourrait être compromis. Comme l’indiquait l’an passé le Réseau de Transport d’électricité (RTE) à Reporterre : « En hiver, un degré de température en moins entraîne une hausse instantanée de la consommation électrique fournie par 2.400 mégawatts (MW) ». Soit environ la production de deux réacteurs. Or, le nucléaire compose la plus grande partie du mix électrique français : deux tiers de l’électricité produite dans l’hexagone provient des centrales nucléaires (72,3% en 2016 selon RTE). Sans moyen technique existant pour stocker une quantité de courant suffisante pour tenir l’hiver, la mise en veille d’un trop grand nombre de réacteurs pourrait se traduire par une baisse de la production électrique, qui entraînerait des coupures de courant ou un surcoût des importations d’énergie. Face à l’arrêt de ses centrales EDF a revu à la baisse son objectif de production nucléaire pour 2017 à un niveau de 385 à 392 térawatts-heure (TWh), contre la fourchette de 390 à 400 TWh annoncée auparavant.

La centrale nucléaire de Dampierre (Loiret).

yogaesoteric
22 janvier 2018

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