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L’Europe crie la vérité, la Roumanie fait semblant de ne pas entendre : la crise de la démocratie en Roumanie fait revenir dans l’attention des médias

La presse danoise présente à nouveau le cas MISA comme une violation flagrante des droits de l’homme qui remet en question le statut de pays européen de la Roumanie


Pendant que les autorités roumaines cherchent à dissimuler sous le tapis des vérités inconfortables sur les persécutions auxquelles ont été soumis le professeur de yoga Gregorian Bivolaru et des centaines de membres et d’étudiants de MISA, cette affaire suscite à l’étranger de plus en plus l’attention des médias, des activistes des ONG et des dizaines d’europarlementaires. Nous présentons ci-dessous un article paru le 19 Juillet dans Politiken, l’un des journaux danois les plus respectés.

Le cas d’une école de yoga est le plus important cas de violation des droits de l’homme en Roumanie

par Vibeke Sperling

Le cas MISA prouve que la Roumanie n’a pas cessé les pratiques obscures de la Securitate de Ceausescu.

Les agents de la terrible Securitate de la période communiste font encore des ravages à l’intérieur du gouvernement roumain.

De jour en jour, l’UE est de plus en plus sceptique quant à la capacité de la Roumanie à répondre aux demandes d’un état constitutionnel qui puisse garantir les droits de ses citoyens. Et maintenant, un membre du Parlement européen a jeté de l’huile sur le feu par les questions qu’il a posées au sujet d’un cas qui place l’État roumain dans une situation pénible.

MEP Rita Borsellino, militante respectée des droits humains et combattante contre la mafia, a posé à la Commission européenne cette question : « Quels sont les résultats de l’évaluation de la réalité de la liberté spirituelle en Roumanie et quelles actions sont effectuées pour assurer cette liberté spirituelle aux pratiquants de yoga en Roumanie? ». Au moins 30 députés européens, dont la danoise Margrethe Auken (SF), se sont directement impliqués dans cette affaire.

Il s’agit de ce qu’on appelle le cas MISA. Ce mouvement de yoga est accusé, entre autres choses, de terrorisme. Cette affaire a attiré l’attention au niveau international, en particulier celle de l’Union européenne depuis que son fondateur Gregorian Bivolaru, qui est en même temps le leader du mouvement, a reçu l’asile politique en Suède en 2005. La Commission européenne a recommandé au gouvernement roumain de respecter l’indépendance de la justice, en particulier parce que de nombreuses juridictions inférieures ont acquitté G. Bivolaru.

Lors de la réunion de la semaine dernière entre le leader de la Commission européenne, José Manuel Barroso et le Premier ministre roumain Victor Ponta concernant les soucis de l’UE à propos de la situation en Roumanie, le cas MISA a été débattu, puisque ce cas présente de graves violations des droits de l’homme dans un pays membre de l’UE.

En 2004, l’école roumaine de yoga a fait l’objet de raids anti-terroristes, exécutés par les forces spéciales anti-terroristes qui se basaient sur de fausses accusations. Actuellement, le procureur en chef George Balan qui était derrière ces raids contre MISA est soumis à une enquête pour abus de pouvoir et pour corruption. Mais l'affaire en justice contre Gregorian Bivolaru continue, en dépit de l’asile qu’il a reçu en Suède. Les membres des différents groupes parlementaires du Parlement européen ont signé des lettres adressées au gouvernement roumain pour exprimer leur préoccupation et pour demander des explications sur la façon dont Gregorian Bivolaru et MISA sont traités. Amnesty International et le Comité Helsinki pour les droits de l’homme en Roumanie ont à plusieurs reprises publié des rapports sur cette affaire considérée comme le plus grand scandale des droits de l’homme en Roumanie.

Les persécutions contre Gregorian Bivolaru ont même commencé pendant le communisme. En 1972, il a été accusé de propager la pornographie, mais il a bénéficié d’une amnistie et a été mis en liberté avant de supporter sa peine de prison d’un an. En 1984, il a été accusé de conspiration contre le dirigeant roumain Nicolae Ceausescu. Après la révolution roumaine de 1989, la pratique du yoga, illégale pendant le communisme, a été de nouveau autorisée. Gregorian Bivolaru, qui avait enseigné le yoga dans le secret jusque-là, a fondé MISA, une organisation qui a entre autres choses pour but d’enseigner des cours de philosophie cachemirienne et d’Ayurveda indien. Les cours ont commencé à Bucarest, mais ils se sont rapidement étendus à tout le pays.

En Mars 2004, les procureurs et les services secrets ont lancé une campagne médiatique contre MISA. des gendarmes ont été envoyés dans les maisons privées de quelques pratiquants de yoga pour les perquisitionner. G. Bivolaru a été accusé de fraude fiscale. Comment se fait-il que ces allégations soient rencontrées encore et encore dans les anciens pays communistes qui souffrent d’un manque de démocratie ? G. Bivolaru est toujours accusé pour huit autres infractions, y compris pour des relations sexuelles avec des mineurs et pour avoir quitté le pays illégalement. Mais est-il possible de quitter illégalement un pays de l’UE?

Après une série d’enquêtes requises par G. Bivolaru sur son passé en Juillet 2011, la justice roumaine a établi qu’il était « politiquement persécuté » sous le régime communiste. Après cela, on a appris que certains journalistes ont continué à coopérer avec d’anciens agents de la terrible Securitate du passé. Exactement ces agents-là étaient derrière la campagne contre les pratiquants de yoga, campagne qui s’est poursuivie après la chute du communisme. Le porte-parole du SRI, service qui a succédé à la Securitate, a reconnu que des agents du Service roumain de renseignement ont travaillé pendant les seize dernières années en tant que journalistes d’infiltration, afin de contrôler la campagne contre les pratiquants de yoga en générale et contre Gregorian Bivolaru en particulier.

En Roumanie, un comité parlementaire a ouvert une enquête en 2006, mais le cas contre MISA et G. Bivolaru a continué, même si les services secrêts avaient l’information que d’anciens agents de la Securitate du temps communiste voulaient prouver que les accusations de l’époque sont valables encore maintenant. Cela soulève la question de savoir combien de fantômes du passé hantent encore l’appareil d’Etat roumain, tant que les anciennes accusations n’ont pas été retirées.

Un autre détail grotesque de toute cette histoire est que les autorités de Roumanie ont choisi d’appeler ce cas l’opération « Christ ». Souvent, le verdict final a été reporté et « l’opération » a été envoyée d’une cour de justice à l’autre. Maintenant, la Cour suprême de Roumanie a pris la décision étonnante de rejuger l’affaire ! Le vrai sens de ce fait n'est pas réellement connu, mais quelque chose semble être clair. Le cas MISA a impliqué la plus grande action policière après le temps de Ceausescu et MISA montre que la Roumanie n’a pas encore cessé les pratiques de l’ancienne Securitate du temps du dictateur.

Par conséquent, les exigences de l’UE devraient inclure la demande ferme que les anciens agents soient finalement éliminés. Sans cela, un état de droit constitutionnel est en fait juste une ville fantôme dans le voisinage de l’UE.
vibeke.sperling@pol.dk


Sur l’auteur:

Vibeke Sperling (1945 -) ,écrivain, est aussi une journaliste danoise consacrée qui a une longue carrière de correspondante à l’étranger et d'éditrice de Politique internationale pour les plus grandes institutions de presse au Danemark, comme Danmarks Radio, DR2, Dagbladet Information et Politiken. Ayant comme domaine de spécialisation l’Europe orientale, Sperling s'est fait un nom dans les médias danois et européens pour ses reportages sans compromis sur les questions d’injustice sociale et pour des analyses intelligentes des questions politiques complexes liées au Bloc de l’Est. Vibeke Sperling a été l’une des rares journalistes consacrés qui ont osé contester la corruption étendue des médias et du système politique en Roumanie à partir de Mars 2004, concernant le cas MISA et les graves violations des droits de l'homme commises contre les membres de l’école roumaine de yoga. La journaliste a publié plusieurs articles sur ce cas entre 2004 et 2007. Entre 1999 et 2002, Vibeke Sperling a été nommée membre du conseil d’administration spéciale de DCHF, Centre danois pour les études de l’Holocauste et de génocide.


yogaesoteric
2012

 

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