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Le déluge, les 10 plaies d’Egypte, le récit de Joseph : Ce que dit la science (1)


« ….Toutes les eaux qui sont dans le fleuve se chargèrent en sang » « …les grenouilles montèrent et recouvrirent l’Égypte » « …toute la poussière du sol se changea en moustiques » « …des taons en grand nombre entrèrent […] dans tout le pays d’Égypte » « …tous les troupeaux des égyptiens moururent » « …gens et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules » « …Yahvé fit tomber la grêle sur le pays d’Égypte » « …les sauterelles […] couvrirent toute la surface du pays… » « …il y eut d’épaisses ténèbres… » « …tous les premiers-nés mourront dans le pays d’Égypte… »

Extraits du Livre de l’Exode, chapitres 7 à 12. Bible de Jérusalem, traduction des dominicains de l’Ecole biblique. Editions Fleurus/Cerf

 

Un documentaire de la TV5 tente d’expliquer que ce qui est rapporté dans l’Exode concernant les dix plaies d’Egypte pourrait avoir un fondement naturel explicable scientifiquement. Cela interpelle que l’on soit croyant ou pas, le fondement des religions abrahamiques repose sur la super-structure de la Bible. Il n’y a nullement l’intention de déconstruire le récit religieux. Il n’empêche ! Car la foi est le bréviaire de chacun, il est important cependant sans tomber dans le travers du scientisme, de comprendre qu’il y a une explication scientifique à des phénomènes rapportés par les hommes dans leur quête de sens.

Il existe de nombreux « miracles bibliques » que la science a tenté d’expliquer, parfois avec succès. Les 10 plaies d’Egypte pourraient être donc dues, selon les scientifiques, à un enchaînement de faits assez exceptionnels dont l’origine serait l’éruption du Santorin. Quelles que soient nos croyances, il est intéressant de constater que la science ne nie pas le bien-fondé des évènements mais qu’au contraire, elle confirme qu’ils ont très bien pu exister. On va dans cette contribution examiner trois évènements structurants des religions monothéistes.

Que peut-on retenir de ces concordances ?

Le mythe du Déluge fait partie de ces mythes bibliques, aujourd’hui reconnu par de nombreux scientifiques. Le 3 décembre 1872, George Smith, spécialiste en assyriologie au British Museum, déchiffre devant la Société d’archéologie biblique de Londres le texte figurant sur une tablette d’argile originaire de… Ourouk en Irak. Cette tablette remonte aux environs du XVe siècle avant-J.-C. Elle est écrite en caractères cunéiformes, la plus ancienne écriture et raconte rien moins que le déluge ! Plus vieux que la Bible ! Les similitudes avec le texte biblique sont frappantes. Il y est question d’un homme, Utanapishtim. Il est informé par le dieu de la Sagesse que l’assemblée des divinités a décidé de détruire l’humanité.

« Et le dieu de donner ce conseil à Utanapishtim : “ Démolis ta maison pour te faire un bateau ! Renonce à tes richesses pour sauver ta vie! Détourne-toi de tes biens pour te garder sain et sauf ! Mais embarque avec toi des spécimens de tous les animaux.Pendant six jours et six nuits les vents soufflèrent, le torrent, la tempête et l’inondation accablèrent le monde, la tempête et l’inondation firent rage ensemble comme des armées en bataille. “ Quand l’aube du septième jour se leva, l’orage qui venait du sud s’apaisa, la mer devint calme, l’inondation était apaisée; je regardai la face du monde, et c’était le silence, toute l’humanité était changée en argile. La surface de la mer s’étendait aussi plate que le sommet d’un toit; j’ouvris une écoutille et la lumière tomba sur mon visage. Alors, je m’inclinai profondément, je m’assis et pleurai ; les larmes ruisselaient sur mon visage car de tous les côtés c’était le désert de l’eau. ” Et après le déluge, ce très beau moment : Puis je lâchai un corbeau. Dans la Bible, la colombe revient avec dans son bec un rameau d’olivier. Le vaisseau échoue sur une montagne appelée Ourartou dans le récit sumérien, Ararat dans la Bible, Le Joudi dans le Coran. Le cataclysme est présenté chaque fois comme un châtiment mérité par les hommes et qui permet à l’humanité de devenir meilleure. Au total, 13 récits du Déluge sont arrivés jusqu’à nous. Il existe dans le monde de nombreux récits de déluge, par exemple chez les Incas, en Amérique du Sud, chez les Delawares, Indiens de l’est de l’Amérique du Nord. Dans la tradition grecque, parce que Jupiter considérait les hommes comme des criminels et qu’il avait été menacé de mort par l’un d’entre eux, il décida d’anéantir l’humanité. »

Moïse et l’Exode : Quand la science ébranle la foi

On sait que l’Histoire des Hébreux nous est essentiellement connue par la Bible.

« La Bible est un ensemble d’épopées, de récits mythologiques, de poèmes, de prières formulées par des prophètes ainsi que de textes juridiques. Elle a été rédigée par des érudits ou scribes juifs, principalement entre l’an 500 et l’an 150 avant Jésus-Christ. Ils expliquent que le peuple hébreu a noué une alliance avec un Dieu unique, Yahvé. La plupart des événements que relate la Bible sont censés se dérouler au IIe millénaire avant J.-C. (…). Selon la Genèse (le premier livre de la Bible ), Dieu noue avec Abraham une alliance. Il l’engage à quitter sa contrée et à partir vers la terre de Canaan, ainsi nommée d’après Cham, l’un des fils de Noé. Après une longue errance, la petite troupe s’établit enfin dans le pays de Canaan, “ où coulent le lait et le miel ”, sous la conduite d’Isaac et de son fils Jacob. (..) L’ Exode, deuxième livre de la Bible, raconte que Joseph, fils de Jacob et petit-fils d’Isaac, devient, du fait de sa grande sagesse, le Premier ministre du Pharaon. Victimes de vexations, les Hébreux se libèrent du joug égyptien et reviennent à Canaan, la “ Terre promise ”, sous la conduite du prophète Moïse. »

« Moïse est vraisemblablement le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l’islam. (…) Il n’existe cependant aucune trace historique de son existence en dehors de la tradition, En islam, Moïse – sous le nom de Moussa – est le prophète le plus présent dans le Coran, cité à cent trente-six reprises. (…)Après sa naissance, sa mère Yokheved cache l’enfant durant trois mois puis l’abandonne dans une corbeille sur le Nil, près de la rive (le 6 sivan). La fille du pharaon qui se baignait avec des courtisanes, trouve l’enfant et décide de l’adopter (inspirée dans ce geste par l’ange Gabriel, selon le midrash), bien qu’ayant immédiatement deviné que l’enfant était hébreu. »

« D’un point de vue « scientifique », nul universitaire, écrit le professeur Thomas Römer, ne soutient plus l’historicité d’Abraham, et celle de Moïse. Le récit de la naissance de Moïse ressemble de près à la légende de la naissance de Sargon, roi légendaire, fondateur de l’Empire assyrien. Un méchant roi, une belle princesse, un nouveau-né, un coffre-berceau-corbeille, un fleuve, un abandon : c’est un schéma connu, celui des naissances de Romulus et Remus, d’Apollon, d’Adonis, de Moïse. La source de ces récits se trouve à Babylone, vers – 2450. Un texte mésopotamien raconte la naissance de Sargon Ier, roi de Babylone. D’origine modeste, cet enfant adopté est le fondateur du premier empire de l’Histoire : celui d’Akkad et de Sumer. Cette histoire, qui court jusqu’aux confins de l’Inde et du Tibet, a dû inspirer les scribes juifs lors de la rédaction de l’ Exode. »

 

Lisez la deuxième partie de cet article





yogaesoteric
23 juin 2018