Intestin grêle: le cerveau de notre cerveau

 L’intestin grêle travaille en permanence pour nous et, pourtant, les propos à son sujet sont bien souvent stériles. Il est le premier acteur de notre santé et fait de nous ce que nous sommes. Cet organe est l’un des plus longs du corps humain puisque mesurant, en moyenne, 8 mètres. Vous l’aurez peut-être compris, il s’agit de l’intestin grêle. Ce formidable organe régit nos humeurs, notre état de santé et la manière dont travaille notre cerveau (celui situé à l’intérieur du crâne). Cependant, rares sont les personnes sachant précisément le situer et encore plus rares sont celles conscientes de son véritable rôle.

Dans le siècle de la décadence alimentaire par excellence, Res Communis (expression latine qui désigne une chose ou un bien commun, c’est-à-dire qui ne peut pas être appropriée, de par sa nature) revient de nos jours aux fondements de la digestion et de l’assimilation nutritionnelle.

Enquête : Une excellente connexion entre l’intestin grêle et le cerveau

L’intestin grêle possède un grand ensemble de neurones connectés entre eux et avec le cerveau. Comme vous le savez très certainement, le cerveau contient des neurones. En revanche, ce que vous ignorez probablement, c’est que l’intestin contient lui aussi des cellules neuronales. A titre de comparaison, sachez qu’il contient au moins autant de neurones que la moelle épinière.

De par les seuls faits précédemment invoqués, on peut déjà en conclure que l’intestin grêle est l’un de nos organes les plus importants. Loin d’être seulement indispensable pour la digestion, il l’est également pour bien d’autres actions métaboliques. Il transmet, notamment, un grand nombre d’informations au cerveau. D’ailleurs, la science travaille actuellement sur la manière dont le cerveau exploite ces informations.

Comment l’intestin agit-il sur nous ?

Dans la mesure où vous avez compris ce qui précédait, il va de soi que si l’intestin agit sur notre comportement il est alors indéniablement et efficacement relié au cerveau. Cette liaison s’opère effectivement par l’intermédiaire du nerf vague.

A des fins de clarté et de compréhension, il est nécessaire de mentionner ce qu’est un « nerf ». Selon l’Académie de médecine, un nerf est un « cordon qui relie un centre nerveux à un organe du corps ».

Concernant le nerf vague, ce dernier descend du crâne en longeant l’œsophage (segment du tube digestif reliant le pharynx à l’estomac) et se termine dans l’abdomen (partie du tronc comprise entre le thorax et le pelvis). Ensuite, il convient, à juste titre, de dire que les nombreuses ramifications du nerf vague viennent littéralement entourer l’intestin grêle.

Les liens entre le cerveau « intestinal » et le comportement humain

Depuis quelques années, cette liaison entre l’intestin et le cerveau fait l’objet de nombreuses études scientifiques… et les découvertes se multiplient. En effet, selon une étude scientifique de décembre 2000, 80 à 90% des fibres du nerf vague sont à sens unique, à savoir de l’abdomen vers le cerveau. Autrement dit, pour 1 information envoyée du cerveau vers l’intestin, l’intestin en envoie, vers le cerveau, entre 8 et 9.

Tout comme le cerveau, l’intestin grêle contient un nombre incroyable de neurones. D’après les scientifiques, on sait que ce chiffre est supérieur à 100 millions concernant l’intestin. Un autre fait intéressant est que les neurones du cerveau « intestinal » utilisent les mêmes neurotransmetteurs que ceux du cerveau « crânien », tels que la sérotonine. Cette dernière est un « médiateur ubiquitaire [omniprésent] qui intervient dans la régulation de nombreuses fonctions naturelles ».

Avec le recul, on sait désormais que l’appareil digestif est à l’origine d’environ 95% de la production totale de sérotonine dans le corps. Or, il est également admis qu’un taux de sérotonine élevé met de bonne humeur et chasse les idées sombres. La probabilité que la sérotonine produite dans l’abdomen diffuse également dans le cerveau.

L’intestin, notre deuxième cerveau ?

Le rôle de l’intestin ne se limite pas simplement au système nerveux. En effet, il abrite des milliards de bactéries qui, en plus de rendre la digestion possible, sécrètent des substances agissant sur le cerveau par l’intermédiaire du sang.

A travers l’ensemble des éléments susmentionnés, il est indubitable que l’intestin agit sur le cerveau et donc, également, sur le comportement.

D’après le Pr P. Holzer, neuro-gastro-entérologue au CHU (centre hospitalier universitaire) de Graz, « lors d’études épidémiologiques de grande ampleur, des volontaires ont été soumis à des régimes alimentaires différents, du point de vue de la qualité. Et nous avons constaté que la nourriture a, bel et bien, un effet sur le comportement humain. On a pu noter de grandes différences au niveau de leurs humeurs, selon qu’ils avaient une bonne alimentation ou qu’ils mangeaient ce qu’ils mangeaient ce qu’il faut bien appeler des ‘cochonneries’ ».

Au sujet de l’influence de l’alimentation sur l’état psychique, il ajoute que « l’on peut se sentir plus ou moins anxieux. L’anxiété est un trouble très répandu dans la population. On peut être dans un état qui tend, plus ou moins, vers la dépression ».

La communication entre le microbiote et le cerveau

Comme l’explique le Pr P. Holzer,  «c’est l’une des questions centrales de nos recherches. Comment les bactéries de la flore intestinale [ou microbiote] peuvent-elles communiquer avec le cerveau ? Il y a plusieurs possibilités. Les bactéries intestinales sécrètent des substances qui passent dans le sang et peuvent atteindre le cerveau, par exemple. Elles peuvent aussi agir au niveau des liaisons nerveuses entre l’intestin [grêle] et le cerveau. Elles peuvent influer sur les hormones intestinales qui passent également dans le cerveau. Ou encore, interagir avec le système immunitaire qui est très développé dans l’appareil digestif. Ce système immunitaire peut envoyer des signaux au cerveau. Tous ces éléments peuvent déclencher des modifications fonctionnelles dans le cerveau ».

Conclusion

Comme vous avez pu le constater, les recherches sont encore peu avancées au sujet des interconnections entre l’intestin grêle et le cerveau. Toutefois, bien que l’éventail des découvertes soit énorme, nous savons désormais avec certitude que l’intestin est à l’origine de nos humeurs, de nos sensations, de nos émotions et de notre état de santé. En effet, il est le précurseur du cerveau « crânien » et ce dernier module ses actions en fonction des informations reçues de l’intestin.

Cet article souhaite enfin que les gens comprennent à quel point nous sommes ce que nous mangeons.

yogaesoteric
15 juillet 2017

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